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« Faut-il arrĂȘter de parler de race avec ses amis blancs ? »

Pour le moment, sur Newsroom, les journalistes ne peuvent ajouter que des articles mais nous envisageons l’ajout d’autres formes d’information comme les podcasts ou encore les vidĂ©os. Du coup, cela m’a donnĂ© envie de regarder un peu ce qui se passe du cĂŽtĂ© des podcasts.

Actuellement, j’Ă©coute Up First de NPR et Recode Decode de Kara Swisher – tous les deux en anglais, mais rien en français. RĂ©cemment, j’ai dĂ©couvert Binge Audio qui publie de nombreux podcasts visant Ă  donner la voix aux minoritĂ©s et l’un d’entre eux, Le Tchip a commencĂ© avec un Ă©pisode fort intĂ©ressant: JĂ©rome et moi.

Dans cet Ă©pisode, les podcasteurs traitent d’une question qui je pense beaucoup de personnes racisĂ©es se sont au moins posĂ©s une fois : « faut-il arrĂȘter de parler de race avec ses amis blancs ? »

Bien que je n’ai jamais vraiment Ă©tĂ© (Ă  ma connaissance en tout cas) victime d’actes racistes flagrants, je vois bien Ă  quel point il est parfois difficile de traiter de la question avec des personnes qui n’ont jamais eu Ă  se sentir diffĂ©rent de par leur couleur de peau. Le racisme n’est pas que le racisme visible, il existe un racisme passif, subtile, qui lui est bien ancrĂ© dans notre sociĂ©tĂ© et sa vision du monde, au point oĂč il n’est mĂȘme pas considĂ©rĂ© comme raciste. L’humour en est une forme visible. Les blagues sur les arabes, les chinois, puissent-elles ĂȘtre drĂŽle n’en sont nĂ©anmoins pas moins racistes. Les prĂ©jugĂ©s aussi, puissent-ils ĂȘtre « positifs ».

Une anecdote dans cet Ă©pisode parle de cela, oĂč une connaissance de la podcasteuse se demande si c’Ă©tait raciste de considĂ©rer que ce n’Ă©tait pas surprenant que le jeune homme – malien – qui a sauvĂ© un bĂ©bĂ© rue Marx-Dormoy l’ai fait, car elle avait vu Ă  quel point les hommes en Afrique Ă©taient bons Ă  monter aux arbres.

Est-ce un compliment ? Éventuellement, on peut penser que cela est positif aprĂšs tout. Est-ce raciste ? Évidemment, jusqu’Ă  considerer cela comme similaire aux pensĂ©es qui ont justifiĂ© l’esclavage.

Il est toujours bon je pense de s’ouvrir aux autres, particuliĂšrement aux minoritĂ©s qui de part l’oppression des masses se sentent obligĂ©s de se taire dĂ» au risque qu’elles encourent (ils mentionnent d’ailleurs cela plus tard dans l’Ă©pisode via le concept de « fragilitĂ© blanche » et de l’impact qu’a une discussion Ă  propos du racisme sur les relations sociales de la personne racisĂ©e). Les podcasts sont donc un moyen extraordinaire de les Ă©couter sans ce filtre imposĂ© par la sociĂ©tĂ©.

Il y a un parallĂšle Ă©vident entre certaines choses dites dans cet Ă©pisode et ce que pourraient dire des fĂ©ministes Ă  propos de l’oppression masculine (je remarque une variante de la « fragilitĂ© blanche » pour les hommes cis hĂ©tĂ©rosexuels qui pour beaucoup trop d’entre eux paniquent Ă  l’idĂ©e de la fĂ©minisation de notre sociĂ©tĂ©). Je pense qu’il est alors doublement important d’Ă©couter cet Ă©pisode.

Hello

Je me souviens bien de cette Ă©poque, il y a une quinzaine d’annĂ©es, oĂč tout le monde sur Internet (ou presque) avaient un blog. J’ai rencontrĂ© tant de monde virtuellement et dans le monde physique en sautant de blogrolls en blogrolls, Ă  la dĂ©couverte de ce que lisaient les blogueurs que je « suivais ». Le web d’aujourd’hui m’Ă  l’air plus dĂ©connectĂ©. Il me manque de parler, de discuter et d’argumenter de façon posĂ©e sur un support qui n’a de limitations que celles que j’impose.

Mais le web d’aujourd’hui m’appartient bien plus que celui d’hier, alors me revoilĂ , Ă  bloguer de nouveau.


I remember this time quite well, about fifteen years ago, when everyone (or almost) had a blog. I met so many people – virtually but also physically, hoping from blogrolls to blogrolls, discovering these who were read by the one I was “following”. Today’s web seems far more disconnected. I miss talking, exchanging and arguing calmly on a medium that has only limitations that I decide.

But today’s web belongs to me much more than yesterday’s so here I am again, blogging.